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MOTS FRANÇAIS D'ORIGINE HÉBRAÏQUE
Outre les nombreux prénoms et patronymes tirés de la Bible, il existe un certain nombre de mots français d'origine hébraïque, c’est-à-dire empruntés à l’hébreu ancien. Ils ont été intégrés au français via le grec ou le latin, puis par le latin liturgique qui en a lexicalisé un certain nombre. Enfin, depuis la réapparition de l'hébreu comme langue séculière au Moyen-Orient à la fin du XIXe siècle, des apports modernes ont été faits, comme kibboutz, Knesset (parlement israélien) ou Tsahal (armée israélienne).
Liste des principaux mots français d’origine hébraïque :
Abbé : du latin écclésiastique abbas (abbatem, à l’accusatif), terme qui semble avoir été emprunté à l'hébreu: אבא (aba, « père » ou « papa »), mais en fait à l'araméen.
Abracadabra : de l’hébreu הַבְּרָכָה דַבְּרָה (ha-brakha dabra, « la bénédiction a parlé ») ; autres étymologies possibles : du grec ancien ἄβραξας (ábraxas, « divinité »).
Aleph : en mathématiques, cardinal d’un ensemble infini bien ordonné, symbolisé par la première lettre de l'alphabet hébreu, l'aleph א.
Alleluia : du latin alleluia, dérivéde l'hébreu biblique הַלְּלוּיָהּ, (hal’luyah, « louez Dieu »), souvent compris comme une invitation à chanter un hymne religieux. Yah est abréviation poétique du tétragramme YHWH, le nom du Dieu d’Israël (Yahvé, Yahweh ou Jéhovah).
Araméen : langue sémitique, du latin aramaei avec le suffixe –en, du nom d'Aram, nom hébreu de la Syrie, du nom du 5e fils de Sem (Genèse, X, 22).
Benjamin : de l'hébreu בִּנְיָמִין (Binyamin), le dernier fils de Jacob, le plus jeune d'une fratrie ; par allusion biblique à la prédilection de Jacob pour le plus jeune de ses fils.
Brouhaha : de l'hébreu ברוך הבא (baruch haba, « béni soit celui qui vient »), formule de bienvenue employée dans les assemblées juives souvent bruyantes, prière fréquente et déformée par ceux qui ignorent l'hébreu.
Cabale ou Kabbale : de l’hébreu קבלה (qabbālāh, « tradition reçue »), dérivé de קבל (qibbel, « recevoir »), représentant dans une partie ésotérique du judaïsme, la tradition mystique d’une loi secrète, donnée par Dieu à Moïse, et se transmettant par tradition orale
Canne : du latin canna et du grec κάννα (kanna, roseau), tiré de l'hébreu biblique קנה (qānḗ , « tige, roseau »).
Capharnaüm : du latin capharnaum, de l’hébreu כפר נחום (kafar nahum, « village de compassion, village de consolation »), ville judéenne et de Galilée située au bord du lac de Tibériade, où Jésus fut assailli par une foule hétéroclite de malades cherchant la guérison.
Carmel, carmes, carmélites : du nom du mont Carmel où aurait vécu le prophète Élie. L’Ordre du Carmel a été fondé sur le Mont Carmel, au dessus de Haïfa, au XIIe siècle par Berthold du mont Carmel.
Chameau : du latin camelus, lui-même du grec ancien κάμηλος (kámêlos), de l’arabe جَمَلٌ (jamalũ), de l’ hébreu גמל (gamal).
Charivari : d’origine obscure, peut-être du latin caribaria, emprunté au grec ancien καρηβαρία (karêbaría, « lourdeur de tête, mal de tête »), mais on explique mal le passage du sens de « tête lourde » à celui de « vacarme » ; un lien est avancé avec l’hébreu haverim « camarades », dont les réunions auraient été bruyantes.
Chérubin : du latin ecclésiastique cherubin, lui-même issu de l’hébreu כרוב (kerūb, pluriel : kerubīm, « lieu de vérité »).
Cidre : du latin sicera (« boisson enivrante »), du grec σῑ́κερᾰ, traduction de l’hébreu שכר (shakhár, « s’enivrer ») ou de l'hébreu biblique שֵׁכָר (cecar, boisson fermentée). Le mot est devenu cisera et a pris le sens spécialisé de « vin de pommes » en Normandie, de là dans le reste de la France.
Échalote : du latin ascalonia cepa, c’est-à-dire oignon d’Ascalon, ville antique du pays de Palestine, aujourd’hui Ashkelon. La plante aurait été rapportée depuis ce port dans l'Empire Franc. Évolution du mot : latin médiéval scalongia (fin XIIIe siècle), ancien français eschaloine (fin XIe siècle), escaluigne (v. 1140), eschaloine (XIVe siècle), escalone, eschalote (v. 1500) ou eschalotte (1694), puis échalote (1740) ou échalotte (1768).
Éden : de l’hébreu ancien עדן (eden, « délice »), ellipse de עדן גן (gad eden, « jardin des délices »), jardin d'Éden cité dans la Genèse.
Golem : humanoïde légendaire attribué au Maharal de Prague, de l’hébreu גולם (golem, « masse d’argile, embryon »). Dans les légendes juives du Moyen Âge, figure d’argile auquel un rabbin donnait vie pour sauver la communauté des pogroms en inscrivant sur le front de la dite figure le mot אמת (emeth, « vérité ») et que l’on tuait en effaçant la première lettre du mot, formant ainsi le mot מת (meth, « mort »).
Goy : de l’hébreu biblique גוי (goy, « peuple, nation »). C’est aujourd’hui le nom que les Juifs donnent à celui qui n’est pas juif.
Hébreu : du latin hebraeus, issu du grec ancien Ἑβραῖος (hebraîos, « hébreu »), dérivé de la racine hébraïque עברי (‘ivrî, « traverser, passer »), lié au fait que le peuple était connu comme « ceux qui venaient de l’autre côté du Jourdain ».
Hysope : du latin hyssopum , du grec ancien ὕσσωπον, hussopon, de l’hébreu אֵזוֹב (ézov, plante médicinale plusieurs fois citée dans la Bible).
Jérémiades : par allusion aux perpétuelles récriminations du prophète Jérémie dans le Livre des Lamentations.
Jéroboam : grande bouteille de vin, du nom d'un roi d'Israël, Jéroboam, qui était fort et vaillant.
Jubilé : du latin jubilaeus, forme latinisée de l’hébreu יובל (Yovel, de yobhel, « bélier »), le jubilé étant traditionnellement annoncé à l’aide d’un chofar, fabriqué avec une corne de bélier
Judas : de Judas, nom de l'apôtre qui livra Jésus.
Juifs : du latin Judaeus (« de la tribu de Juda ; Juif »), emprunté au grec ancien Ἰουδαῖος (Ioudaîos), lui-même de l’hébreu biblique יְהוּדִים (yehoudim, Judéens : habitants de la Judée, de la tribu de Juda).
Kibboutz (n. m.) : de l’hébreu קיבוץ (qybwṣ, « assemblée, ensemble »), désignant une communauté et ferme collectiviste en Israël.
Kippa : de l’hébreu כיפה (kyph, « calotte, dôme »).
Macchabée : du latin Machabaei ou Machabaeus, en grec ancien Μακκαβαῖος, de l’hébreu מכבי, (makabí). Le nom commun fait allusion à la lutte héroïque menée par Judas Maccabée et ses frères contre les Syriens, relatée dans les deux livres apocryphes des Macchabées
Manne : du latin manna, apparenté au grec μάννα, de l’hébreu מן (man, « manne », nourriture sacrée des Hébreux dans le désert).
Messie : du latin Messias, emprunté au grec biblique μεσσίας, de l’hébreu משיח (mashiah, « oint du Seigneur »), du verbe משח (mashah, « oindre »).
Nabi : de l’hébreu נביא (nabi, « prophète »), au sens de « peintre inspiré par le symbolisme », création de l’orientaliste Auguste Cazalis « afin de manifester leur désir de régénérer la peinture comme les prophètes avaient régénéré Israël ».
Pâquerette : fleur qui fleurit à l'époque de Pâques (voir ci-dessous)
Pâques : du latin ecclésiastique Pascha, du grec ancien Πάσχα (páskha, « Pâques »), de l’hébreu פסח (Pessah, nom de la pâque juive).
Pharaon : du latin Pharao, issu du grec ancien φαραώ, issu de l’hébreu ancien פַּרְעֹה (par‘ōh), lui-même emprunté à l’égyptien.
Pharisien : du latin Pharisaeus, issu de l’hébreu פרושים (péroushim, « séparés »). Le respect sourcilleux de la loi juive forçait en effet les Juifs pieux à se séparer de la majorité assimilée au monde gréco-latin pour des raisons rituelles.
Rabbin : de l'hébreu talmudique רַבִּי (rabbi).
Sabbat : via le latin sabbata et le grec ancien, de l’hébreu שבת (šabat, « abstention »).
Saphir : du latin sapphirus, du grec ancien σάπφειρος (sáppheiros), de l’hébreu ancien sappīr.
Satan : du latin satan, du grec ancien Σατάν, de l’hébreu ancien שטן (Śāṭān, « l’adversaire, l’accusateur »).
Sicle : du latin siclus, de l'hébreu biblique שקל (shekel, ancienne monnaie hébraïque).
Sionisme : doctrine prônant le retour des Juifs en terre d'Israël, du nom de Sion (en hébreu צִיּוֹן - Tzion), une des collines de Jérusalem.
Sodomie / sodomiser : de l'hébreu biblique סְדוֹם (Sedom, Sodome, ville dont les habitants sont dépravés).
Tohu-bohu : de l’hébreu biblique תֹ֙הוּ֙ וָבֹ֔(tōhū wābōhū, « chaos primitif, néant des éléments qui précéda la création du monde », composé de תוהו (tōhū, « vide, néant, désert, solitude »), wā (« et ») et בוהו (bōhū, « vide »).
