Édouard Philippe bannit l'écriture inclusive des textes officiels

Dans une circulaire parue le 22 novembre 2017, le Premier ministre Édouard Philippe a donné consigne à ses ministres de bannir des textes officiels l’écriture dite inclusive, règle controversée d’élargissement du féminin dans la langue française qui suscite un vif débat ces derniers mois en France.

Voici le texte de cette circulaire :

Messieurs les ministres d’État,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les secrétaires d’État,

Objet : Règles de féminisation et rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française.

Le Gouvernement est résolument engagé dans le renforcement de l’égalité entre les femmes et les hommes. Son action dans ce domaine passe à la fois par des mesures concrètes, que la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a pour mission de proposer dans l’ensemble des politiques publiques et par une démarche éducative et culturelle à laquelle se rattache la lutte contre les stéréotypes qui freinent le progrès vers une égalité plus réelle.

Dans les actes administratifs, vous veillerez à utiliser les règles suivantes :

-       Dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aussi bien aux femmes qu’aux hommes.

-       Les textes qui désignent la personne titulaire de la fonction en cause doivent être accordés au genre de cette personne. Lorsqu’un arrêté est signé par une femme, l’auteure doit être désignée, dans l’intitulé du texte et dans l’article d’exécution, comme « la ministre », « la secrétaire générale » ou « la directrice ».

-       S’agissant des actes de nomination, l’intitulé des fonctions tenues par une femme doit être systématiquement féminisé – sauf lorsque cet intitulé est épicène – suivant les règles énoncées par le guide d’aide à la féminisation des noms de métier, titres, grades et fonctions élaboré par le Centre national de la recherche scientifique et l’Institut national de la langue française, intitulé « Femme, j’écris ton nom… ».

-       Suivant la même logique, je vous demande de systématiquement recourir, dans les actes de recrutement et les avis de vacances publiés au Journal officiel, à des formules telles que « le candidat ou la candidate » afin de ne pas marquer de préférence de genre.

-       En revanche, je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive, qui désigne les pratiques rédactionnelles et typographiques visant à substituer à l’emploi du masculin, lorsqu’il est utilisé dans un sens générique, une graphie faisant ressortir l’existence d’une forme féminine. Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l’État doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme.

Je vous remercie de veiller à la bonne application de ces principes par l’ensemble des services placés sous votre autorité.

Édouard Philippe